Manger cru, mais pour quoi faire ?

Note : La Cure Crue n’est pas un site de diététique et ne tranche en aucun cas sur ce qui est du domaine de la santé. Nous n’avons ni les compétences, ni la vocation de le faire. Nous ne faisons que rapporter notre expérience propre, en gardant bien à l’esprit les envies et les limites de chacun. L’alimentation vivante est un mode de vie, un costume que l’on peut choisir d’enfiler pour un repas, une semaine ou une vie. Si vous avez des questions concernant votre santé, nous vous encourageons à vous tourner vers des praticiens de santé holistique, coachs en alimentation, diététiciens ou toute autre personne habilitée à vous répondre !

Des millénaires que l’on fait cuire sa viande ! Et pourtant, la recherche indique qu’en plus d’être écologique, consommer végétal serait un atout pour la santé… et d’autant plus si c’est cru ! Ici, à La Cure Crue, on en est convaincus. Par ailleurs, si l’on suit le lien de corrélation entre évolution de l’alimentation et multiplication des maladies, on constate qu’il est nécessaire de faire le point sur ce que nous mangeons, et  comment nous le mangeons.

Mais d’abord, un peu d’histoire ! Autrefois, les humains consommaient, comme aujourd’hui, de la viande. MAIS celle-ci n’était pas dopée aux antibiotiques et ne représentait qu’une portion infime de l’alimentation. Ainsi, ceux que l’on nomme chasseurs-cueilleurs étaient en réalité bien plus cueilleurs que chasseurs. De récentes découvertes indiquent même que les gladiateurs, ces féroces combattants de la Rome antique, étaient végétariens ! A ce sujet, on vous renvoie vers le documentaire The Game Changers, accessible sur leur site officiel ainsi que sur Netflix.

Et si l’on se compare à nos proches cousins les grands singes, on peut s’aventurer à penser que notre alimentation devrait être composée, comme la leur, de 70% de fruits, puis de feuilles (aromates, choux, laitues, épinards), de racines (carottes, gingembre, oignons, patates douces), de noix (amandes, noisettes, cajou, pécan) et à l’occasion, d’insectes et de petits animaux.

En alimentation vivante, on considère les franges thermiques suivantes :

  • entre 35-40° C : les molécules des ingrédients s’agitent mais restent intactes. C’est la température idéale pour manger car la chaleur et l’agitation des molécules permet à nos propres cellules de fournir moins d’effort pour réaliser le travail de digestion… ce qui est logique, puisque c’est plus ou moins la température du corps humain. Ainsi, on évite de manger des plats glacés ou tout juste sortis du réfrigérateur ; on privilégie la température ambiante ou un léger préchauffage
  • entre 40-45° C : les molécules s’agitent et certaines chaines protéiniques commencent à s’altérer. La sensation de brûlure intervient à partir d’une exposition prolongée à environ 44° C, donc en mangeant cru, on ne se brûle jamais la langue !
  • entre 45-50° C : la plupart des chaines protéiniques sont dénaturées et à partir de 51° C, on considère que tous les enzymes sont… morts. Donc de peu d’utilité pour l’organisme.

On peut alors profiter d’un potage bien chaud au coin du feu par une froide soirée d’hiver sans trahir son intestin ! Dès lors, l’important est de bien s’équiper : chauffe-plat, thermomètre de cuisine, gazinière à feu trèèès doux, instinct, chacun son moyen de préserver sa pitance du grand méchant Feutouflamme. Personnellement, je le fais au doigt : je mets mon index (propre !) dans ma préparation, et si ça brûle, c’est que c’est trop tard !

Et qu’en est-il des thés, tisanes et autres infusions, souvent servis bien bouillants ? Car l’ébullition provoque une précipitation des minéraux contenus dans l’eau, c’est-à-dire qu’ils s’amalgament et deviennent en grande partie inassimilables. Eh bien, on peut dans un premier temps préférer l’eau frémissante à l’eau bouillante, d’autant qu’on aura moins besoin d’attendre pour boire sans risquer la brûlure au troisième degré, donc moins de chance d’oublier son breuvage dans la cuisine, de s’en préparer un autre, de l’oublier de nouveau, oui, ça nous arrive à tous. L’idéal est encore de préparer ses infusions à froid, ce qui demande de l’anticipation puisque une infusion à froid dure pas moins de… 24h. Alors, à vous de juger en fonction de la situation !

Pour plus d’informations sur les franges thermiques et l’altération des aliments, l’ouvrage de Marcel Monnier, Tout savoir sur les graines germées, chapitre sur l’aliment mort, pages 8 à 13, est édifiant.

 

 

Manger cru, un art de vivre.

Manger cru, c’est choisir la simplicité. Oui, malgré toutes ces histoires de température maximale et d’infusions à froid, de déshydratation et de germination qui prennent plusieurs heures (voire plusieurs jours !), c’est simple. C‘est un art de vivre qui appelle à un retour aux sources, au bon sens, à l’intuition.

La crusine n’est longue et complexe que lorsqu’elle tente d’imiter la cuisine. L’élaboration des plats, des desserts, c’est pour le plaisir des yeux et des papilles… Mais rien n’est plus précieux que la rareté, alors gardons nos robots et nos recettes à rallonge pour les fêtes, anniversaires et autres joyeusetés.

Au quotidien, il est bon de redécouvrir le goût des choses simples, et le simple goût des choses.

La première étape, c’est le sevrage : le sucre, ou plus exactement le fructose libre, agit comme une drogue. On en trouve dans la plupart des aliments industriels, concentré dans les jus de fruits vendus dans le commerce, et même sur le pain ! Il stimule les mêmes zones du cerveau que la plupart des drogues et nous pousse à en consommer… toujours plus. Nous sommes donc tous plus ou moins addicts au sucre.

Le sucre des fruits est un peu différent. Tout d’abord, les fibres contenues dans les fruits ralentissent l’assimilation du fructose par l’intestin, ce qui modère l’augmentation du taux de glycémie dans le corps ; ensuite, leurs anti-oxydants participent à l’élimination des radicaux libres, ces molécules qui provoquent du stress oxydatif, accélère le vieillissement de la peau. Des types pas très sympas, quoi ! En bref, tout ce qui constitue le fruit et que l’on absorbe en même temps que le sucre permet de réguler son traitement par l’organisme.

Note aux petits malins : manger un gâteau à la crème en même temps qu’une pomme, ça ne fonctionne pas !

Gardons l’esprit ouvert ! D’où l’importance de ne pas se frustrer. L’alimentation vivante, c’est tout un tas de goûts, de textures et d’effets que votre corps ne connaît pas ou peu. Graduellement, on se frotte à ces nouvelles expériences, parfois heureuses, parfois moins. On teste, on cherche. Et comme c’est un domaine largement ignoré par la cuisine professionnelle… il y a moins de recettes proposées. Ce qui signifie qu’il y a tout un monde à créer…